Alexia Putellas a remporté le Ballon d’Or féminin 2026, son troisième sacre dans ce trophée, un résultat qui la hisse au niveau de sa coéquipière en club et en sélection Aitana Bonmati, au sommet du palmarès. La joueuse de 32 ans a été sacrée lors d’une cérémonie organisée au London Palladium le 26 octobre 2026, une soirée qui s’inscrivait dans le cadre plus large de la cérémonie du Ballon d’Or à Londres.

Le fait marquant, c’est l’égalité, pas un nouveau record en solo. Putellas avait soulevé le trophée pour la première fois en 2021, avant de le conserver en 2022. Bonmati avait ensuite enchaîné trois victoires consécutives, en 2023, 2024 et 2025. Le sacre 2026 de Putellas met fin à cette série et laisse les deux joueuses à égalité, trois titres chacune, en tête du classement. Elle n’est donc pas, au vu de ce résultat, l’unique détentrice du record, et toute présentation qui la place seule en tête trahit l’arithmétique.

Une histoire courte, déjà dominée par l’Espagne

Le contexte compte ici, et il convient de distinguer deux choses que l’on confond souvent le soir de la cérémonie. Le Ballon d’Or masculin est une institution de longue date, et l’édition 2026 a été présentée comme un cru historique pour l’évènement dans son ensemble. Le trophée féminin est une création bien plus récente. Le Ballon d’Or féminin a été décerné pour la première fois en 2018, lorsque la Norvégienne Ada Hegerberg en est devenue la toute première lauréate. Toute mention d’une 70e édition renvoie au trophée masculin et à la cérémonie générale, pas au trophée féminin, qui n’existe que depuis une poignée d’années.

Cette jeunesse rend le duo Putellas-Bonmati d’autant plus frappant. Dans un palmarès encore court, deux joueuses du même club et de la même sélection trônent désormais au-dessus de toutes les autres. À elles deux, elles ont raflé le trophée lors de cinq éditions, une concentration de succès qui en dit autant sur la période de domination du Barça féminin que sur chacune des deux joueuses prises individuellement.

3Titres de Ballon d'Or féminin pour Putellas (2021, 2022, 2026)

La saison derrière le trophée

Les récompenses individuelles dans le football découlent presque toujours des succès collectifs, et la saison 2025-2026 a offert à Putellas une vitrine que peu de joueuses pouvaient égaler. Elle a porté le brassard du Barça vers un quadruplé, le genre de sans-faute qui tend à décider ces votes avant même l’annonce de la liste des nommées. Le butin comprenait la Ligue des champions féminine de l’UEFA et le titre national en Liga F, ainsi que la Copa de la Reina et la Supercoupe d’Espagne.

Ses statistiques personnelles ont renforcé son dossier. Sur l’ensemble de la saison, elle est créditée de 21 buts et 13 passes décisives sous le maillot du Barça, un bilan qui combine le volume créatif d’une milieu de terrain et l’efficacité d’une attaquante. Les chiffres rapportés pour le nombre de buts oscillent entre 20 et 21 selon les sources, mais le constat d’ensemble reste le même : une saison à très haut rendement pour une joueuse évoluant à la fois en chef d’orchestre et en finisseuse.

Ballon d’Or féminin Lauréate Nation
2018 Ada Hegerberg Norvège
2021 Alexia Putellas Espagne
2022 Alexia Putellas Espagne
2023 Aitana Bonmati Espagne
2024 Aitana Bonmati Espagne
2025 Aitana Bonmati Espagne
2026 Alexia Putellas Espagne

Lire l’égalité avec Bonmati

Ce qui rend le résultat 2026 intéressant comme point de repère, c’est moins le chiffre en lui-même que la symétrie qu’il crée. Deux joueuses, toutes deux essentielles au même club dominant, toutes deux issues du système espagnol, partagent désormais la plus prestigieuse distinction individuelle du football féminin. L’ordre de leurs sacres raconte sa propre histoire : Putellas a imposé le rythme dès le départ avec deux titres consécutifs, Bonmati a répondu par une série de trois années de suite, et Putellas vient à son tour de rétablir l’équilibre.

C’est aussi un résultat qui résiste à la tentation de l’exagération. Il n’y a pas de record absolu à célébrer, pas de joueuse isolée en tête de liste. La description honnête est celle d’un sommet partagé, et c’est cette version qui tiendra la route lorsque la prochaine édition sera décernée et que l’égalité sera soit rompue, soit prolongée.

Un retour au sommet après la blessure

La trajectoire plus longue donne à ce sacre un poids supplémentaire. Les deux premiers titres de Putellas sont survenus au plus fort d’une période qui a fait d’elle la milieu de terrain emblématique de sa génération. Une grave blessure au genou est ensuite venue interrompre cette trajectoire et rebattre les attentes à son sujet. Revenir tout en haut du classement individuel des années plus tard, après que Bonmati se soit appropriée le trophée, relève du genre de rebond que les simples palmarès peinent à restituer en une ligne.

Tout au long de ce parcours, son club est resté le FC Barcelone, là où elle a bâti sa réputation et où le quadruplé 2025-2026 a été assemblé. Le trophée récompense précisément cette saison en club, un travail accompli sur un calendrier exigeant fait de compétitions nationales et européennes.

Où en est le palmarès

En l’état des faits, la situation après la cérémonie 2026 est simple à résumer. Alexia Putellas et Aitana Bonmati sont à égalité avec trois Ballons d’Or féminin chacune, le total le plus élevé dans un trophée qui n’existe que depuis 2018. Ada Hegerberg en reste la toute première lauréate. L’Espagne demeure, de loin, la nation la plus titrée, les deux milieux de terrain du Barça comptant à elles seules pour la majorité des éditions.

La conclusion analytique est simple à formuler, et mérite de l’être avec précision : 2026 n’a pas couronné une détentrice unique du record. Elle a produit une égalité, et une égalité passionnante, entre deux joueuses dont les carrières se sont entremêlées en club comme en sélection depuis près d’une décennie. Le Ballon d’Or féminin est encore jeune, la liste de ses championnes encore courte, et pour l’instant, sa ligne la plus titrée compte deux noms, pas un seul.