Le 26 octobre 2026, lors de la cérémonie du Ballon d’Or organisée à Londres, Pere Romeu a été sacré vainqueur du Trophée Johan Cruyff féminin, la récompense qui distingue le meilleur entraîneur de l’année. Cette distinction couronne une saison durant laquelle le FC Barcelona Femeni a remporté toutes les compétitions disputées sous sa direction, un bilan qui n’a guère laissé de place au doute chez les votants.
Cette distinction ajoute une ligne supplémentaire à l’histoire du club. Romeu est le premier entraîneur du FC Barcelona à remporter ce trophée, que ce soit dans la catégorie féminine ou masculine, un fait marquant pour une institution qui a pourtant façonné nombre des équipes et des entraîneurs les plus marquants du football moderne. En recevant le trophée, il a tenu à saluer le collectif plutôt que sa propre performance : « Je suis très reconnaissant et j’aurais aimé qu’elles soient toutes ici pour venir chercher cette récompense avec moi. »
Qu’est-ce que le Trophée Johan Cruyff ?
Le Trophée Johan Cruyff est le prix du meilleur entraîneur de l’année décerné dans le cadre du Ballon d’Or, baptisé en hommage au footballeur et entraîneur néerlandais dont les idées ont marqué toute une génération de jeu, à Barcelone et au-delà. Il est remis à la fois dans une catégorie masculine et une catégorie féminine, aux côtés des récompenses individuelles pour joueurs, plus connues du grand public. Pour l’édition 2026, Romeu a reçu le prix féminin tandis que Luis de la Fuente a été distingué dans la catégorie masculine.
Comme ce prix récompense le travail d’une seule saison, il tend à distinguer les entraîneurs dont les équipes ont à la fois gagné et convaincu. Un palmarès fourni ne suffit pas toujours : la manière dont s’est imposée la domination compte aussi aux yeux des votants. Dans le cas de Romeu, les deux critères se rejoignent. Son équipe barcelonaise n’a pas simplement engrangé des trophées, elle l’a fait sur l’ensemble des compétitions auxquelles elle participait, tant sur le plan national qu’européen.
La saison qui a valu cette récompense
Le communiqué officiel du club salue une saison durant laquelle le Barcelona Femeni a tout raflé. Les compétitions citées sont la Liga F, la Copa de la Reina, la Supercoupe d’Espagne, la Copa Catalunya et la Ligue des champions féminine de l’UEFA. Le titre européen, celui qui résonne le plus loin et qui compte le plus aux yeux du grand public du football, a été scellé par une victoire 4-0 face à OL Lyonnes en finale.
Ce score mérite qu’on s’y attarde. Lyon, qui évolue désormais sous le nom d’OL Lyonnes, est la grande puissance européenne du football féminin depuis plus d’une décennie, et l’affronter en finale constitue l’épreuve la plus exigeante que propose la compétition. L’emporter avec quatre buts d’écart est le genre de résultat qui coupe court à toute discussion. Pour un vote désignant l’entraîneur de l’année, une victoire aussi nette face au club référence du continent, dans le match le plus prestigieux qui soit, est presque une preuve idéale.
4-0Finale de la Ligue des champions féminine de l'UEFA face à OL LyonnesLe volet national de la saison raconte sa propre histoire. La Liga F est l’élite du football féminin espagnol, et la Copa de la Reina en est la coupe nationale ; remporter les deux la même année constitue le classique doublé national. Y ajouter la Supercoupe d’Espagne et la Copa Catalunya régionale complète un tableau qui ne laisse rien au hasard. Un tel grand chelem reste rare, quelle que soit l’époque ou le pays, et constitue la base la plus solide possible pour une récompense individuelle.
| Compétition | Type | Résultat |
|---|---|---|
| Ligue des champions féminine de l’UEFA | Européenne | Remportée (4-0 face à OL Lyonnes en finale) |
| Liga F | Championnat national | Remportée |
| Copa de la Reina | Coupe nationale | Remportée |
| Supercoupe d’Espagne | Nationale | Remportée |
| Copa Catalunya | Régionale | Remportée |
Pourquoi un grand chelem pèse si lourd
Les trophées d’entraîneur de l’année récompensent autant la régularité que les pics de forme, et c’est précisément ce qui rend un grand chelem si convaincant. Remporter une seule compétition à élimination directe peut tenir à un bon soir, un tirage favorable ou une décision arbitrale. Tout gagner sur une saison entière balaie ces réserves. Cela suppose une équipe performante semaine après semaine, aussi bien dans l’usure d’un championnat que sous la pression des finales de coupe, et un encadrement technique capable de gérer un effectif à travers la fatigue et la rotation qu’impose un calendrier surchargé.
Il y a aussi la question des attentes. Dans un club disposant des moyens de Barcelone et de son palmarès récent dans le football féminin, tout ce qui n’est pas un trophée est perçu comme un échec. Gérer cette pression tout en répondant présent sur tous les tableaux fait justement partie de ce que le Trophée Johan Cruyff entend récompenser. Ce prix ne va pas à l’entraîneur qui a fait mieux que prévu avec des moyens modestes ; il va à celui jugé le meilleur sur une année donnée, et en 2026, les votants n’ont vu aucun candidat plus solide.
Une première pour le club
Malgré tous les entraîneurs que Barcelone a employés dans ses équipes masculine et féminine, et malgré l’admiration suscitée par le style du club, le Trophée Johan Cruyff n’avait encore jamais pris le chemin du Camp Nou par aucun d’entre eux. Que Romeu change la donne constitue une véritable étape, et il est logique que cela se produise grâce à l’équipe féminine, devenue en une décennie l’une des références du football européen.
Difficile d’ignorer la symbolique attachée au nom de ce trophée. L’influence de Cruyff sur l’identité footballistique de Barcelone est indissociable de l’image que le club se fait de lui-même, et voir un prix d’entraîneur de l’année portant son nom revenir enfin à un technicien barcelonais referme une petite boucle. Que cela survienne lors d’une saison de succès total, tant sur le plan national qu’européen, ne fait que renforcer la portée du symbole.
Ce que dit cette victoire
Replacée dans l’histoire plus large du football féminin, l’année 2026 de Romeu s’inscrit dans un schéma familier : le trophée d’entraîneur de l’année revient généralement à l’équipe qui a le plus largement dominé la saison. Ce qui distingue cette victoire-là, c’est son exhaustivité. Barcelone n’a disputé aucune compétition sans la remporter, et le résultat dont on se souviendra le plus longtemps, la finale de la Ligue des champions, fut éclatant plutôt que serré.
Au fond, ce genre de récompense n’est qu’un instantané. Elle fige une seule année et le jugement de ceux qui votent, et ne colle pas toujours parfaitement avec la réputation construite sur le long terme. Mais comme témoignage de la saison 2026 du football féminin, l’attribution du Trophée Johan Cruyff féminin à Pere Romeu est on ne peut plus juste. L’équipe a tout gagné, l’entraîneur a été récompensé pour cela, et le club a ajouté une première à son palmarès au passage.