Peu de franchises du sport professionnel nord-américain peuvent afficher une vitrine à trophées aussi impressionnante que celle des Los Angeles Lakers. Sur deux villes, sept décennies et une succession de talents parmi les plus marquants de l’histoire du jeu, les Lakers ont amassé 17 titres NBA, un total égalé seulement par les Boston Celtics. Cette histoire n’est pas celle d’une seule dynastie, mais d’une chaîne de dynasties, chacune bâtie autour d’un pivot ou d’un meneur d’exception, et chacune inscrite dans les livres de records avec des chiffres qui font toujours référence.
Cette page recense les titres, le palmarès et les records individuels qui donnent à la franchise son poids statistique. Les chiffres retenus ici suivent le décompte officiel de la ligue : cinq titres remportés sous le nom des Minneapolis Lakers, douze depuis le déménagement vers l’ouest en 1960.
Les 17 titres, ville par ville
Le compteur de titres de la franchise démarre dans le Midwest glacé. Emmenés par George Mikan, premier pivot véritablement dominant de l’histoire du basket, les Minneapolis Lakers remportent le titre NBA en 1949, 1950, 1952, 1953 et 1954, dont trois de suite entre 1952 et 1954. John Kundla est sur le banc pour ces cinq sacres. Lorsque la ligue comptabilise les titres des Lakers, ces bannières de Minneapolis sont incluses, ce qui explique pourquoi la version californienne du club évolue sous un héritage antérieur à son arrivée en Californie.
Le chapitre de Los Angeles a mis plus de temps à porter ses fruits. L’équipe atteint les Finales à de multiples reprises dans les années 1960, s’inclinant souvent face à Boston, avant de finalement décrocher le titre en 1972. Les sacres arrivent ensuite par vagues : un à l’époque de Wilt Chamberlain, cinq pendant l’ère Showtime, trois durant les années Kobe Bryant-Shaquille O’Neal, deux autres avec Bryant et Pau Gasol, puis un en 2020.
| Année | Entraîneur principal | MVP des Finales | Adversaire (série) |
|---|---|---|---|
| 1972 | Bill Sharman | Wilt Chamberlain | New York Knicks (4-1) |
| 1980 | Paul Westhead | Magic Johnson | Philadelphia 76ers (4-2) |
| 1982 | Pat Riley | Magic Johnson | Philadelphia 76ers (4-2) |
| 1985 | Pat Riley | Kareem Abdul-Jabbar | Boston Celtics (4-2) |
| 1987 | Pat Riley | Magic Johnson | Boston Celtics (4-2) |
| 1988 | Pat Riley | James Worthy | Detroit Pistons (4-3) |
| 2000 | Phil Jackson | Shaquille O’Neal | Indiana Pacers (4-2) |
| 2001 | Phil Jackson | Shaquille O’Neal | Philadelphia 76ers (4-1) |
| 2002 | Phil Jackson | Shaquille O’Neal | New Jersey Nets (4-0) |
| 2009 | Phil Jackson | Kobe Bryant | Orlando Magic (4-1) |
| 2010 | Phil Jackson | Kobe Bryant | Boston Celtics (4-3) |
| 2020 | Frank Vogel | LeBron James | Miami Heat (4-2) |
Le titre de 1972 mérite une mention à part. Bâtie autour de Chamberlain, Jerry West et Gail Goodrich, cette équipe termine la saison régulière avec un bilan de 69 victoires pour 13 défaites et enchaîne 33 victoires consécutives entre novembre 1971 et janvier 1972. Cette série, comme le total de victoires pendant des années, a établi des références pour la ligue. La série s’achève à Milwaukee, où Kareem Abdul-Jabbar, alors chez les Bucks, met fin à l’invincibilité des Lakers. Il deviendra plus tard lui-même Laker et la pièce maîtresse de la dynastie suivante.
Showtime et la rivalité qui a marqué une époque
Les années 1980 appartiennent à Magic Johnson, à Abdul-Jabbar et à l’entraîneur Pat Riley. Johnson arrive en 1979 en tant que premier choix de la draft et remporte un titre dès sa première saison, marquant les esprits en dépannant au poste de pivot lors du Game 6 décisif des Finales 1980, où il inscrit 42 points. Les Lakers atteignent les Finales à huit reprises durant la décennie et en remportent cinq : 1980, 1982, 1985, 1987 et 1988.
Deux de ces sacres ont une signification particulière. Le titre de 1985 est le tout premier que les Lakers remportent face à Boston en Finales, après une longue série de défaites contre les Celtics. Le titre de 1988 fait d’eux la première équipe à conserver sa couronne depuis les Celtics de 1969, concrétisant la garantie publique formulée par Riley l’été précédent.
Deux triplés et un sacre dans la bulle
Le tournant du millénaire produit l’une des séries les plus dominantes de l’histoire de la ligue. Avec un O’Neal au sommet de son art et un jeune Bryant en pleine maturation à ses côtés, les Lakers de Phil Jackson remportent trois titres consécutifs de 2000 à 2002, en balayant New Jersey lors du dernier de ces sacres. O’Neal est élu MVP des Finales à chacune de ces trois occasions, un triplé quasiment sans équivalent pour cette récompense.
Après la rupture du duo, Bryant s’impose à nouveau comme le pilier de la franchise. Associé à Gasol et de nouveau dirigé par Jackson, il remporte deux titres consécutifs en 2009 et 2010, le second au terme d’une âpre série en sept matchs face à Boston qui referme le chapitre moderne de la rivalité.
La bannière la plus récente date de 2020, une saison interrompue puis reprise dans un campus fermé en Floride. LeBron James et Anthony Davis mènent un effectif reconstruit jusqu’au titre, James étant élu MVP des Finales et devenant le premier joueur à décrocher cette distinction avec trois franchises différentes. Il s’agit du 17e titre du club, le premier en dix ans.
Le livre des records
Les records individuels de la franchise sont tout aussi prestigieux que son palmarès collectif. Abdul-Jabbar a terminé sa carrière meilleur marqueur de l’histoire de la NBA, une distinction qu’il a conservée pendant des décennies avant d’être dépassé par James en 2023 ; son numéro 33 a été retiré en 1990. West, dont la silhouette est largement associée au logo de la ligue, demeure l’un des plus grands arrières-meneurs de tous les temps et reste le seul joueur à avoir été élu MVP des Finales dans le camp perdant, lors de la série de 1969 face à Boston, avant même les premiers titres des Lakers à Los Angeles.
Les exploits en scoring sur un seul match constituent eux aussi des jalons de l’histoire du club. Bryant inscrit 81 points face à Toronto le 22 janvier 2006, le deuxième total individuel le plus élevé de l’histoire de la NBA derrière les 100 points de Chamberlain. Elgin Baylor, l’ailier spectaculaire des débuts de l’ère californienne, avait pour sa part inscrit 71 points lors d’un match et établi ses propres records de scoring en Finales. Bryant a joué ses 20 saisons entières chez les Lakers, et le club a retiré les deux numéros qu’il a portés, le 8 et le 24, une distinction qu’aucun autre joueur de l’histoire de la franchise ne partage.
| Catégorie | Détenteur | Record |
|---|---|---|
| Titres NBA | Franchise | 17 (à égalité au sommet de la ligue) |
| Participations aux Finales NBA | Franchise | 32 (record de la ligue) |
| Plus longue série de victoires | Équipe 1971-1972 | 33 matchs |
| Points, un match | Kobe Bryant | 81 (22 janvier 2006) |
| Titres en tant qu’entraîneur (LAL) | Phil Jackson | 5 (2000-2002, 2009-2010) |
Les numéros retirés se comptent en grand nombre sous les combles de la salle. Aux côtés d’Abdul-Jabbar, de Johnson (32) et de Bryant, le club a honoré West (44), Chamberlain (13), Baylor (22), Goodrich (25), James Worthy (42), O’Neal (34), Jamaal Wilkes (52) et d’autres encore, ainsi que le microphone du légendaire commentateur Chick Hearn et la présidence de Jerry Buss. La lignée des entraîneurs compte tout autant : Riley a façonné l’ère Showtime, et Jackson a offert cinq des douze titres remportés à Los Angeles.
Ce que disent les chiffres
Pris dans leur ensemble, ces chiffres décrivent une franchise définie moins par un sommet unique que par son refus de rester longtemps dans le creux de la vague. Les périodes creuses entre les dynasties, le passage à vide des années 1970, la reconstruction du milieu des années 1990 après Johnson, les années qui ont suivi le doublé de 2010, n’ont jamais duré plus de quelques saisons avant qu’un nouveau prétendant n’émerge. Dix-sept titres et 32 participations aux Finales sont les chiffres qui frappent, mais le signal le plus profond est celui de la durée : les Lakers ont évolué au sommet dans les années 1950, 1970, 1980, 2000 et 2020, une amplitude que presque aucun autre club ne peut revendiquer. Pour un lecteur en quête de repères, c’est bien cette étendue qui compte. Les bannières en sont le résumé ; le livre des records en est la preuve.